HISTORIQUE

Du 5ème Régiment d'Artillerie à Pied.

Part prise par l'artillerie de la Batterie B de la 13ème Batterie

Appelée Batterie des Cotelettes parce qu'elle était en position prés

du moulin de ce nom

Pendant qu'elle était commandée

par le Lieutenant BARBIER Emile


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20 décembre 1914 - Adieux au lieutenant de Bouteiller

20 décembre 1914 - 4° pièce de la batterie B
25 décembre 1914 - Réveillon à Vacherauville

18 Décembre 1914
1er Mars 1916

Batterie B de 120 long du Ravin des Cotelettes en position au sud de Samogneux à 200m à l'Est de l'emplacement de l'ancien moulin des Cotelettes. Faisait partie de l'Artillerie Lourde de la 72ème Division.
Cette Batterie avancée en vue d'une offensive, comprenait d'abord 2 canons de 120 de long sur cingolis. (a cause de la proximité des lignes ennemies elle était gardée la nuit par un détachement d'Infanterie).
La veille de l'offensive du 20 décembre 1914, la Batterie a été portée à 4 canons qui ont pris une grande part à la réussite de l'opération qui consistait à avancer nos lignes jusqu'au Bois de Consenvoye. Les canonniers ont tiré jour et nuit pendant des jours sans arrêt malgré la riposte des nombreuses batteries ennemies qui voulaient nous réduire au silence. Ces moments ont été très durs pour le personnel qui était à peine abrité dans de vagues tranchées non couvertes et creusées à la hâte. Mais les canonniers possédaient un moral excellent, ils ont toujours eu à cœur de tirer le dernier coup de canon pour avoir le dernier mot, ceci est un fait reconnu par tous, et leur belle conduite leur a valu une lettre de félicitations du Général BAPST, commandant de la 72ème Division d'Infanterie. A partir de cette époque, batterie a été connue partout et admirée pour sa légendaire ténacité a répondre coup pour coup pendant tous les bombardements ennemis. (Lorraine-Ardennes-Aisne) qui tenaient à faire payer cher aux boches l'invasion de leur cher pays).

Alors qu'en général le reste du secteur de VERDUN était relativement calme, la Batterie des Cotelettes était tous les jours en action parce que sa position très avancée lui permettait de tirer, tantôt de tirer, tantôt sur le secteur rive droite de la Meuse-Consensoye-Molleville-Crepion-Flabas, tantôt sur la rive gauche sur le fameux Bois de Forges Drillancourt et tranchées Nord de Bethincourt. Elle a pris part à toutes les attaques du bois de Consenvoye et du Bois de Forges.

Vers le 20 mars 1915, elle a été citée à l'ordre du jour de l'Artillerie Lourde de la 72ème Division.

Personnel de la
Batterie B de 120 long
Du Ravin des Cotelettes

...................Elle a eu ……………………


Elle a eu l'honneur de recevoir la 1ère CROIX DE GUERRE distribuée à l'Artillerie Lourde de la 72ème Division.

Jusqu'au 27 novembre 1915, elle a participé à toutes les attaques partielles des Bois de Forges et Consenvoye, a démoli des observatoires, des batteries, et a fait sauter quelques dépôts de munitions. Elle a encaissé de nombreux tirs à démolir réglés par avions Allemands avec des obus de 210 et autres, mais elle a toujours résisté et conservé son excellent moral.
Le 17 novembre 1915, les boches sur notre ligne du bois de Forges ont fait une attaque de grande envergure au moyen de gaz asphyxiants. Cette attaque malgré les nombreuses pertes de notre infanterie, n'a pas réussi grâce à la batterie des Cotelettes qui renforcée de deux canons pour cette occasion a craché de ces six bouches à feu sur les tranchées de départ de l'ennemi quelle prenait d'enfilade. Les Allemands avant de déclencher leur attaques avaient concentré, sur notre batterie, le tir de 12 canons - 4 de 105 - 4 de 150 qui tiraient fusant et 4 de 210 espérant nous détruire ou tout au moins nous museler. Sous cette formidable avalanche, les canonniers de la Batterie B se rendaient compte qu'ils jouaient un grand rôle et qu'ils ne devaient pas faiblir et ils ont tiré 600 coups sans cet effroyable bombardement. L'attaque a été enrayée et les généraux commandant les secteurs rive droite et rive gauche de la Meuse ont envoyé une lettre de félicitations au personnel de la batterie. Elle a reçu ensuite sa 2ème citation à l'ordre de la 72ème Division.

Citation à l'ordre de la 72ème D.I.
De la Batterie B de la 13ème Bie
Batterie de 120 Long du ravin
Des Cotelettes Sous les ordres du Lieutenant BARBIER Emile le 27 Novembre 1915 a continué à exécuter un tir d'une correction parfaite sous le feu réglé et concentrique de 3 Batteries Allemandes.

La Batterie des Cotelettes si souvent à la peine et à l'honneur était admirée de tous pour son excellent moral et son merveilleux sang-froid. Toute la région connaissant sa réputation et il ne se passait pas de jour ou des officiers où soldats de toutes armes ne viennent visiter cette fameuse batterie qui ne se taisait jamais. Les Artilleurs des Cotelettes en étaient si fiers et il y régnait un admirable esprit de corps.

ATTAQUES DE VERDUN, le 21 février 1916

La Batterie des Cotelettes était en plein dans le Secteur attaqué et elle a prouvé une fois de plus que l'on peut tout quand on a conservé un bon moral.
Après avoir subi un bombardement sans précédent privé des nouvelles de l'arrière (les coureurs arrivaient très difficilement) elle a tenu jusqu'au bout et quand dans la nuit du 25 Février des attelages sont venus pour l'enlever, les canonniers étaient toujours à leur poste de combat bien résolus à tenir et à vendre chèrement leur vie si les ennemis venaient les faire prisonniers. A ce moment, il n'y avait plus qu'à atteler et se sauver de la fournaise, mais il restait 500 coups à tirer. Ils n'ont pas voulu les laisser aux boches et malgré leur délivrance proche ils ont liquidé leur stock en tirant sur les villages de Consenvoye-Divry/Meuse-Molleville ferme et Crépion. C'est dans un ordre parfait et sous la mitraille que tout le matériel a été ramené au village de bras à 5km. en arrière.
La Batterie des Cotelettes a été la seule qui ait ramené tout son matériel.

Le soir du même jour, elle était déjà en position sur la crête froideterre et commençait à tirer, sans plus tarder. Le lendemain elle tirait sur l'emplacement qu'elle avait quitté dans le ravin des Cotelettes occupé par les boches.
Là encore, l'excellent esprit militaire des poilus s'est manifesté car sa position sur une crête visible de partout était on ne peut plus mauvaise (c'était l'emplacement d'une vieille batterie du temps de paix construite sur une crête pour tirer d'après l'ancien principe du tir sur but visible). Tous les observatoires boches - terrestres et aériens - nous voyaient tirer , la batterie n'a pas tardé à encaisser de formidables tirs à démolir allant jusqu'au calibre 305 et comme elle était située à 100m. à peine du Fort de Froideterre elle recevait en plus de sa ration personnelle, les coups courts de 380 et 420 destinés au fort.
Le 1er mars 1916 (date de la réorganisation) la batterie B était encore dans cette terrible position, en avant des canons de campagne. Malgré les fatigues surhumaines, les nuits sans sommeil, les encaissements de tous calibres (les roues des canons ont été plusieurs fois démolies par les obus et remplacées immédiatement) il fallait tirer à tout prix. Les faibles abris étaient défoncés, les terres pleins retournés mais les canonniers tiraient quand même car il avaient reçu l'ordre de ne pas faiblir de tenir coûte que coûte, on comptait sur eux en ce moment si critique de l'avance ennemie, les artilleurs de la Batterie B ne voulaient pas faiblir à leur belle réputation.

En résumé, si cette batterie a tenu partout dans des circonstances extrêment difficiles, si elle a été la seule qui, ayant ramené son matériel, soit resté à son poste de combat sans arrêt pendant toute l'attaque ennemie. Si malgré les privations et sa grande fatigue elle a continué dans cet enfer de Froideterre à tenir et à tirer sans cesse, si, toujours sur la brèche elle n'a jamais failli à son devoir : c'est qu'elle avait su conserver un bon moral. C'est qu'elle avait confiance en ses gradés qui partout montraient l'exemple en payant de leur personne dans les moments critiques. Le Maréchal des Logis LAVIGNE qui remplissait les fonctions d'adjudant a été au dessus de tout, son meilleur sang-froid, son grand zèle et son entier dévouement ont beaucoup contribué à maintenir le bon esprit. Le maréchal des Logis SARRAZIN a été un gradé de l'ordre et grâce à ces deux sous-officiers l'entrain a surmonté les grandes fatiques et le moral n'a jamais diminué.

La Batterie B a tiré environ 15000 coups et en a encaissé au moins autant.

Le lieutenant Commandant la Batterie B de la 13ème Batterie

signé : Barbier


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